2014, Un détour anthropologique sur les fonctions sociales de l’alcool et de ses usages en Chine, à Taipei et à Singapour par Hu Shen et Dominique Desjeux

Présentation :

L’objectif de l’enquête est de rechercher les possibilités de développement d’un nouvel usage social du cognac, suite à la baisse de la consommation chinoise d’alcool liée à la lutte contre la corruption.

Vidéo sur les pratiques de l’alcool à Singapour et Taïwan

Le détour anthropologique consiste à partir des consommateurs pour comprendre leurs objectifs par rapport aux pratiques de consommation d’alcool ; pour montrer comment ces pratiques sont “encastrés” dans les liens sociaux qui organisent la vie quotidienne des chinois. L’hypothèse méthodologique est que le positionnement du nouvel usage du cognac destiné aux jeunes chinois, taïwanais et singapouriens sinophones qui fréquentent les boîtes de nuit et les bars de nuit doit prendre en compte ces objectifs sociaux au-delà des motivations individuelles.

La consommation d’alcool est liée aux 4 liens sociaux qui organisent les consommations d’alcool et les stratégies des consommateurs : les liens familiaux entre parents/enfants, les liens amoureux (« drague », couple non-cohabitant, couple cohabitant), les liens amicaux et les liens professionnels

La notion du « high » chez les jeunes chinois, singapouriens et taïwanais : un objectif principal, l’ébriété euphorique. « High » est un anglicisme couramment utilisé par les enquêtés chinois, singapouriens, taïwanais pour résumer les soirées en boite de nuit qu’ils ont appréciées. Le mot anglais « high » consiste, dans son utilisation argotique, à qualifier la sensation provoquée par la prise de psychotropes. L’expression « getting high » peut être traduite en français par « se défoncer ».

Le caractère chinois « 高gāo » consiste à la fois à traduire le mot « high » au sens de « haut » et à composer le mot « 高兴gāoxìng » qui signifie « joyeux ». La recherche du « high » en boîte de nuit renvoie à la recherche avec des moyens légaux d’une sensation euphorique similaire à l’effet psychotrope, dont l’ivresse.

Il existe un « high point » personnel qui consiste en une limite de consommation d’alcool que certains cherchent à ne pas dépasser : « La dernière fois que j’ai pris pas mal d’alcool, c’était il y a un ou deux mois, lors de l’anniversaire d’une amie. On est allé chez Pepper. Mais ce soir-là, je n’ai pas trop bu non plus. J’ai pris la juste dose qui m’a permis d’atteindre le “high point” (high点diǎn). » (Femme, 29 ans, Qingdao).

Enquête réalisée pour Pernod Ricard en 2014, en Chine, Taïwan et Singapour par HU Shen, Docteur en sociologie, avec la participation de Dominique Desjeux pour Guangzhou, Singapour et Taiwan.

Direction Scientifique, Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à la Sorbonne SHS, université de Paris, membre du CEPED.

Synthèse de l’enquête sur les usages sociaux de l’alcool en Chine, Taïwan et Singapour :

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