COVID-19 : handicaps, perte d’autonomie et aides humaines. Difficultés et tensions des gestes barrières et des équipements de protection individuelle à domicile, par Cyril Desjeux

Dans le cadre d’un soutien accordé par la Fondation de France, Handéo a mis en place une veille sur la situation actuelle pour réaliser une synthèse des retours d’expérience de la période de confinement dans le secteur du domicile.

L’article rappeler la réactivité et les problèmes concrets auxquels les services à la personne pour les personnes handicapées ont dû faire face pendant la crise du Covid 19.

Les Saad (Service d’aide et d’accompagnement à domicile) ont dû « accroître leur capacité de « bricolage » organisationnel : ils ont dû continuer à absorber les problèmes du secteur tout en faisant face au droit de retrait des intervenants. Aussi, une partie des services a fonctionné en effectif réduit. Cela a augmenté la charge de travail des intervenants qui restait actifs et cela a aussi obligé à inventer de nouvelles solutions ».

« Mais l’expérience du confinement des personnes en situation de handicap ne témoigne pas uniquement de difficultés. Certaines personnes en situation de handicap ont montré également une capacité à intégrer plus facilement la situation de pandémie et ses contraintes. […] D’autres personnes ont décrit leur handicap comme une ressource, notamment lorsqu’il implique une distance physique. Il s’agit de certaines personnes Asperger par exemple ».

« Cependant, cet « avantage » pour certaines situations n’est pas à comprendre comme un aplanissement des inégalités [..] Le contexte dans la pandémie a pu amplifier la charge mentale de ces personnes et un sentiment de stress. Des stratégies d’adaptation ont pu ainsi être mises en place pour réguler ses émotions : éviter d’écouter en permanence les informations, vérifier les sources, garder un contact social au moins par téléphone ou internet, prendre de la distance avec les réseaux sociaux, maintenir un mode de vie sain et équilibré, etc. »

« Cette responsabilité et cette exigence sont encore plus fortes avec la COVID-19. Le risque de la transmission ajoute une charge mentale à celle déjà présente. Cette charge mentale n’est pas uniquement symbolique. Elle est aussi concrète : mettre en pratique les gestes barrières et utiliser des équipements de protection prend du temps ; temps qui vient réduire le plan d’aide qui est souvent déjà très contraint dans le planning d’organisation des interventions et pour les personnes elles-mêmes »

« Un des enseignements de cette première période de confinement concerne bien évidement la place des professionnels du domicile dans le système de santé, celle des proches aidants ainsi qu’une meilleure prise en compte des dynamiques de care ».

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